Les femmes en STIM : Une entrevue avec Laetitia Morrison

Publié le 2 novembre 2022
Benoît Gorez, Conseiller principal en communications
Benoît Gorez
Conseiller principal en communications
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Les femmes en STIM est une série d’entrevues présentant la diversité des femmes d’Alithya qui ont entrepris une carrière en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques (STIM). Nous nous sommes entretenus avec Laetitia Morrison, conceptrice de logiciels (secteur de l’énergie), pour discuter de ses expériences et de ses perceptions en tant que femme œuvrant dans le domaine des STIM, mais aussi en tant que mère d’une jeune fille qui envisage une carrière d’ingénieur.

Comment votre parcours vous a-t-il mené vers les STIM et à votre emploi à Alithya?

J’ai obtenu un baccalauréat en mathématiques de l’Université de Waterloo, avec une double majeure en informatique et en combinatoire et optimisation. J’ai ensuite obtenu une maîtrise en sciences appliquées de l’Université de Toronto, avec spécialisation en génie biomédical. Après l’obtention de mes diplômes, j’ai œuvré pour plusieurs entreprises du secteur nucléaire avant de me joindre à Alithya en 2012, où je prends part à des projets dans les domaines du nucléaire et de l’énergie.

En tant que jeune femme qui commençait ses études, est-ce que vous avez choisi les STIM consciemment?

J’ai toujours été passionnée par les mathématiques. Quand j’étais étudiante, j’ai participé à plusieurs concours et compétitions. La seule chose dont j’étais certaine, c’était que les maths feraient partie de mon avenir. Au cours de ma première année à l’Université de Waterloo, je suis tombée en amour avec l’informatique, ce qui a clarifié mon parcours.

À quel point votre emploi actuel à Alithya est-il éloigné de votre champ d’études?

Je dirais qu’il n’est pas si éloigné. Toutefois, mes études étaient davantage axées sur des concepts plus larges, plutôt que sur la mise en œuvre. Je dois cependant tirer parti de certaines des compétences que j’ai acquises dans le cadre de mes études, comme la logique et la résolution de problèmes.

Dans quelle mesure le contexte de la technologie a-t-il évolué depuis que vous avez obtenu votre diplôme?

Dans le monde de la technologie, le perfectionnement continu est incontournable. Par contre, l’industrie nucléaire est unique en ce sens qu’on y retrouve beaucoup de codage datant de plusieurs décennies, alors certains langages de programmation sont encore valides. Même si la logique de la programmation ou du développement de logiciels demeure la même, chaque nouveau projet peut nécessiter l’apprentissage d’un nouveau langage, d’une nouvelle application, d’un nouveau logiciel ou l’utilisation de nouveau matériel.

Quelle a été votre expérience en tant que femme dans un domaine à prédominance masculine, tant pendant vos études que dans votre emploi actuel dans les STIM?

Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un enjeu qui m’a découragée. Que ce soit pendant mes études universitaires ou dans les différents emplois que j’ai occupés après l’obtention de mon diplôme, ça a toujours été clair pour moi que les STIM étaient un domaine à prédominance masculine. Quand je repense aux cinq dernières années, il n’y a qu’une poignée de femmes avec qui j’ai collaboré sur des projets, et ces femmes sont souvent les mêmes parce que c’est ça, la réalité. Par contre, en tant que mère d’une jeune fille, je suis de plus en plus consciente que cet élément constitue un enjeu potentiel qui risque d’influencer ses futurs objectifs de carrière.

Dites-nous en plus à ce sujet.

Lors des séminaires et des ateliers, j’accorde plus d’attention aux questions entourant la présence des femmes dans les STIM, d’un point de vue parental. Ma fille envisage une carrière d’ingénieur, et je ne veux évidemment pas qu’elle se sente intimidée ou qu’elle ait le sentiment de ne pas être à sa place dans un milieu où l’on retrouve principalement des hommes. Je dirais que je suis beaucoup plus sensible à ces éléments en tant que mère qu’en tant que femme ayant emprunté cette voie.

Y a-t-il des femmes mentores qui travaillent dans le domaine des STIM avec lesquelles vous partagez vos expériences?

En raison du déséquilibre des sexes j’ai tendance à me tourner vers des collègues féminines et des amies qui œuvrent dans des domaines semblables, probablement juste parce que nous nous comprenons naturellement mieux. À Alithya, j’ai eu l’occasion de travailler en étroite collaboration avec Brandy Van Benthem dans le cadre de certains projets. Il s’agit assurément de ma personne-ressource pour le travail. Je suis également attirée par les mentores qui incarnent un modèle solide d’équilibre carrière-famille, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise. Cet équilibre est très important pour moi, et je veux être un bon modèle pour ma fille.

Y a-t-il un aspect de votre carrière qu’il vous reste à accomplir et qui pourrait compléter votre parcours?

Aucun aspect en particulier ne me vient en tête, mais je continue de voir chaque projet comme une occasion de croissance. Chaque nouveau projet se construit autour d’un système différent, d’une plateforme différente ainsi que des logiciels et du matériel différents. Je pense que la technologie continuera d’évoluer. Pour développer de nouveaux logiciels et programmes, et à mesure que l’équipement devient désuet, il faut procéder à la rétroingénierie par rapport à des éléments qui ont peut-être été codés il y a 20 ans. Je trouve ça très motivant. Pour ce qui est de la croissance personnelle, être devenue une membre de confiance de cette équipe après mon embauche en tant que consultante junior, puis ma promotion à titre de consultante principale m’a permis de sentir que j’étais à ma place. Ce cheminement m’a donné la confiance nécessaire pour dire que je suis prête à relever tous les nouveaux défis qui se présenteront à moi.

Vous avez récemment participé, avec quelques collègues, au quatrième Women for STEM Summit (Sommet des femmes en STIM) annuel de l’OntarioTech University. Qu’avez-vous retenu de cet événement?

C’était super. Il y avait d’excellentes conférencières qui ont raconté leur histoire au sujet de certaines difficultés qu’elles ont éprouvées en tant que femmes dans le domaine des STIM. Encore une fois, j’écoutais les conférences de deux points de vue différents, l’un en tant que professionnelle et l’autre en tant que mère. Les conférencières ont parlé des jeunes filles et de la façon dont elles sont vouées à changer la perception selon laquelle les femmes n’ont pas leur place dans le domaine.

Quels conseils donneriez-vous à votre fille et aux autres femmes qui envisagent de faire carrière dans les STIM?

Faites ce que vous aimez et ce qui vous passionne, et n’ayez pas peur d’être une pionnière. Cela ne s’applique pas uniquement au genre, mais aussi à toutes les minorités. Dans tous les domaines, la diversité mène à une innovation et une créativité accrues, alors faites ce qui vous rend heureuse et ne laissez personne vous donner l’impression que vous n’avez pas votre place.